jeudi 14 décembre 2017

Des marins, une luciole et des casseroles !


Le port des marins perdus
Dessin : Stefano Turconi
Scénario : Teresa Radice
 En début des années 1800, au large de l’actuelle Thaïlande, un navire anglais récupère un jeune naufragé qui ne se souvient de rien à part son prénom Abel. A bord de l’Explorer l’ambiance est plutôt morose depuis la trahison et la désertion de leur capitaine, mais au fil des jours Abel va faire preuve de qualités indéniables et se révéler un mousse exceptionnel adopté par tout l’équipage. Plus qu’une BD c’est un véritable roman d’aventure teinté de fantastique et rempli de poésie que vous allez découvrir. Il est servi par un dessin délicat et précis et même si sa lecture va vous prendre du temps, vous allez savourer chacune des pages en découvrant tous les différents personnages et le destin romantique de son héros principal.
 


Rendez-moi Céleste ! 
Dessin et scénario : Marc Jamin
Cosme et Céleste vivent dans l’espace. Aujourd’hui, les enfants partent explorer la planète Lumen accompagné de Spout le robot. Là-bas, une luxuriante jungle avec statues et animaux en tout genre s’offre à eux. Tout à coup, une luciole, un peu de poudre de perlimpinpin et Céleste s’envole. Cosme et Spout s’élancent à sa poursuite. Une jolie aventure commence.
Sans un mot, sans une bulle, dans cette bande dessinée jeunesse (c'est à partir de 4 ans), Marc Jamin nous emmène dans un univers coloré et créatif. Une grande liberté se dégage à la fois dans le graphisme, la colorisation et l’élaboration des personnages et décors.  C’est plaisant, ça donne envie d’y emmener petits et grands et de laisser notre imagination y vagabonder. 



A boire et à manger 
Dessin et scénario :  Guillaume Long
C'est avec Sonia Ezgulian que Guillaume Long a choisi de faire ce quatrième opus d’ À boire et à manger  pour le plus grand plaisir de nos papilles.  Qui est Sonia Ezgulian? Une ex-journaliste de rubrique gastronomique et ex-restauratrice qui se consacre ensuite à la rédaction d'ouvrages de cuisine. Inutile de de faire un vain résumé de ce nouveau tome. Des gnocchis façon Donna Muratore aux mantis arméniens de son enfance en passant par l'osso-buco et les coussinets de la Belle Aurore sans oublier l'édredon de Damien, quand on a terminé notre lecture, on faim... très faim même. L'auteur reste fidèle à l'esprit des épisodes précédents: même esprit, même humour ( on y retrouve à nouveau Monsieur Gallimard himself), même amour des bons produits et de la "bonne bouffe".  On peut cependant lui reprocher d'un peu trop laisser le boulot à Madame Ezgulian et de manquer de nouveauté ce qui peut donner un peu de platitude à la lecture. Il n'empêche que c'est une BD à rajouter à sa collection quand on est un gourmand fin gourmet. Un petit plus avec le carnet de recettes et les bonnes adresses de Sonia à la fin... A vos fourneaux!

 

Par Daniel, Katel et Christophe

mardi 20 juin 2017

STRANGE FRUIT, J.G Jones, Mark Waid




1927. Le Mississipi est sorti de son lit et l’énorme crue menace de détruire la petite ville de Chatterlee et ses environs. Les habitants se mobilisent pour protéger leurs biens grâce à des digues. Cependant, l’une d’elles menace de céder. Tous les ouvriers noirs, malgré l’abolition de l’esclavage, sont contraints et forcés de travailler à sa consolidation, mais l’un d’eux s’enfuit. Une chasse à l’homme s’en suit quand soudain, une lueur traverse le ciel et un étrange vaisseau vient s’écraser contre la digue. Un immense colosse sort de l’engin. Sa force est surhumaine. Il est noir. Un super-héros noir dans l’Amérique ségrégationniste des années 20.

Tout comme dans la chanson de Billie Holiday à laquelle le titre fait allusion, Strange Fruit nous fait passer un message. L’histoire dénonce le Ku Klux Klan, la ségrégation, le racisme et l’inculture. L’histoire peut manquer d’empathie car on peine à s’attacher à ce héro sans voix et dénué d’émotion, dont on ignorera totalement ses aventures avant sa soudaine apparition à Chatterlee. Cependant, si le récit manque de chaleur, l’histoire n’en est pas moins captivante d’un bout à l’autre de l’album et paraît presque trop courte. Le message qu’elle tente de faire passer est plus que jamais actuel. Le tout est mis en valeur par un dessin magnifique, fluide et élégant, tout en aquarelle. Une claque graphique.

Marie