mardi 20 juin 2017

STRANGE FRUIT, J.G Jones, Mark Waid




1927. Le Mississipi est sorti de son lit et l’énorme crue menace de détruire la petite ville de Chatterlee et ses environs. Les habitants se mobilisent pour protéger leurs biens grâce à des digues. Cependant, l’une d’elles menace de céder. Tous les ouvriers noirs, malgré l’abolition de l’esclavage, sont contraints et forcés de travailler à sa consolidation, mais l’un d’eux s’enfuit. Une chasse à l’homme s’en suit quand soudain, une lueur traverse le ciel et un étrange vaisseau vient s’écraser contre la digue. Un immense colosse sort de l’engin. Sa force est surhumaine. Il est noir. Un super-héros noir dans l’Amérique ségrégationniste des années 20.

Tout comme dans la chanson de Billie Holiday à laquelle le titre fait allusion, Strange Fruit nous fait passer un message. L’histoire dénonce le Ku Klux Klan, la ségrégation, le racisme et l’inculture. L’histoire peut manquer d’empathie car on peine à s’attacher à ce héro sans voix et dénué d’émotion, dont on ignorera totalement ses aventures avant sa soudaine apparition à Chatterlee. Cependant, si le récit manque de chaleur, l’histoire n’en est pas moins captivante d’un bout à l’autre de l’album et paraît presque trop courte. Le message qu’elle tente de faire passer est plus que jamais actuel. Le tout est mis en valeur par un dessin magnifique, fluide et élégant, tout en aquarelle. Une claque graphique.

Marie 

jeudi 11 mai 2017

SHELTERED, Johnnie CHRISTMAS, Ed BRISSON




De nos jours aux Etas Unis, des hommes et des femmes se préparent secrètement, depuis plusieurs années, à une fin du monde hautement probable. Encore quelques menus travaux et tout sera prêt, dans leurs bunkers, pour survivre de longs mois à un cataclysme ou à une bombe atomique.
Rien n’a été laissé au hasard et des précautions inouïes ont été prises pour garder le secret de leur refuge. Pourtant un jour des hommes armés semblent vouloir les déloger et tous vont s’organiser pour défendre leur territoire sans se douter que la menace réelle vient de l’intérieur de leur communauté.

Les éditions Akiléos ont eu la bonne idée de rassembler en un unique recueil les 15 numéros de la série SHELTERED.  C’est donc une excellente occasion de découvrir une vision infernale d’un avant apocalypse. N'allez pas chercher à en savoir plus sur l’intrigue et laisser vous porter par cette histoire où les nombreux protagonistes vous surprendront à chaque chapitre pour vous porter vers une fin à la fois inéluctable et tragique. 

Daniel

mardi 11 avril 2017

TROU DE MEMOIRE, Regnault, Seiter




Dans les années 60, sur un ponton humide du port de San Francisco, un homme reprend connaissance auprès du cadavre d’une jeune femme. Il ne se rappelle rien de ce qui a pu se passer et comme si cela ne suffisait pas, il ignore même son identité et n’a plus aucun souvenir de son passé. Fuyant la scène du crime, tous ses efforts pour retrouver la mémoire vont petit à petit lui révéler d’inquiétantes découvertes sur son identité probable. Parallèlement à cette quête d’identité, les inspecteurs de la police criminelle munis d’indices laissés sur les lieux du crime, remontent  doucement mais inéluctablement sa trace.

Cette BD est une vraie bonne surprise, certes le thème n’est pas nouveau, les couleurs  peuvent surprendre, mais l’époque traitée, le scénario solide et un dessin maîtrisé en font une œuvre de grande qualité. La fin est inattendue. En effet présenté comme un diptyque, il semble que les auteurs aient l’intention de poursuivre l’histoire digne des meilleurs polars noirs, ou alors, l’interrogation finale est présente pour laisser au lecteur le plaisir d’imaginer le sombre avenir du personnage principal.  

Daniel

mardi 7 mars 2017

Mort aux Vaches, Ducoudray, Ravard, Ed.Futuropolis




Un polar rural rondement mené par François Ravard au dessin et Aurélien Ducoudray au scénario! Un dessin en noir et blanc tout en finesse, une écriture savoureuse… le tout donne un excellent moment de lecture. La jolie surprise lecture de l’automne !

Après le casse d’une banque de province, les 4 braqueurs Ferrand, José, Cassidy et Romu décident de se mettre au vert pendant 1 mois histoire de se faire oublier de la police. Les voilà planqués chez l’oncle de Ferrand, exploitant agricole et tout ne va pas se passer exactement comme ils l’avaient imaginé… Parce que voilà, on est en pleine période de vache folle et les gendarmes parcourent les campagnes à la recherche de vétérinaires disparus. On a aussi des filières roumaines de mariage, et surtout d’anciennes rancœurs familiales pas tout à fait digérées… le tout donne une ambiance explosive !

Le rythme est soutenu, c’est plein de rebondissements et les dialogues sont un pur régal. Les références sont clairement aux films de Lautner et Audiard et on imagine facilement un Ventura, Gabin ou encore Lanvin dans les rôles. Alors oui, on adore retrouver cette atmosphère des vieux polars et la force de l’histoire est que  les auteurs y ont distillé des références tout ce qu’il y a de plus actuelles, ils cassent les codes dès le début du livre. Le mélange surprend et ça marche à merveille! Et puis, il faut aussi mentionner les personnages secondaires qui sont un pur délice, j’ai été touchée par Jacky, le pépé et je me suis tordue de rire avec les roumaines.
Bref, on plonge dans la lecture, on savoure et on ne s’arrête pas avant la dernière page. 

A avoir dans sa bédéthèque. Absolument !

Soizic

jeudi 23 février 2017

Forçats (T1/T2) Bedouel, Perna, Editions Les Arènes BD





Cette mini série en deux tomes commence en 1923 avec la fuite du bagne de Cayenne d’un forçat nommé Eugène Dieudonné. Poursuivi par des chasseurs de prime, épuisé, assoiffé, profondément meurtri et finalement trahi il sera repris et écopera d’un rallongement de sa peine de 2 ans. Mais Eugène est un détenu singulier, qui se démarque des autres bagnards par son attitude calme et qui n’a cessé de clamer qu’il était victime d’une erreur judiciaire. C’est ainsi que le directeur du bagne autorise un journaliste français, Albert Londres, venu écrire un article sur les conditions d’internement, à l’interroger dans son cachot.

Bien que romancée cette histoire met en scène des personnages qui ont réellement existé et le dessin de Bedouel exprime à merveille à la fois la beauté et la noirceur de cet enfer vert où des milliers de forçats sont morts dans d’horribles conditions.   

Daniel